Auteur

BÜTTGEN Philippe

Chargé de recherches au CNRS, Laboratoire d’Études sur les Monothéismes (CNRS/École Pratique des Hautes Études/Université Paris-Sorbonne). Ses domaines de spécialité sont l'histoire de la philosophie (Allemagne, XVIe-XIXe siècles), l'histoire et l'historiographie religieuses de l'époque moderne, l'histoire de l'exégèse biblique, la confessionnalisation.

 

Dernières publications

- Lire Michel de Certeau. La formalité des pratiques – Michel de Certeau. Die Förmlichkeit der Praktiken, Frankfurt a. M., 2008 (avec Christian Jouhaud [dir.]).

- Vera doctrina. L’idée de doctrine de saint Augustin à Descartes. Zur Begriffsgeschichte der Lehre von Augustinus bis Descartes, Wiesbaden, 2009 (avec Ruedi Imbach, Ulrich Johannes Schneider, Herman J. Selderhuis [dir.]).

Les articles rédigés

Les Grecs, les Arabes et nous

Irène ROSIER-CATACH | Marwan RASHED | Alain LIBERA de | Philippe BÜTTGEN

6 Novembre 2009

La question du « nous » européen s’est récemment nouée à plusieurs controverses sur la traduction et la transmission des savoirs. Ces débats semblent d’abord érudits, lointains, spécialisés. Il s’agit de savoir quelle part les traductions arabes d’œuvres scientifiques et philosophiques grecques ont prise dans la diffusion de ces œuvres vers l’Occident médiéval. Après un siècle de travaux sur le sujet, certains veulent recalculer cette part, et la diminuer. Les « Latins » n’auraient pas eu besoin de la filière arabe ; les « Arabes » n’auraient jamais su s’approprier le savoir grec. S’enchaînent des considérations générales sur l’essence des religions et « civilisations », un « judéo-christianisme » ouvert et accueillant à l’Autre contre un Islam agressif et fermé. La peur des Arabes et de l’islam est entrée dans la science. L’Occident est chrétien, proclame-t-on, et aussi pur que possible.