Auteur

RASHED Marwan

Professeur de grec ancien et d'histoire de la philosophie grecque et arabe à l’École Normale Supérieure (Paris).

 

Dernières publications

- Edition critique du traité d’Aristote De la génération et de la corruption, Paris, 2005.

- L’Héritage aristotélicien. Textes inédits de l’Antiquité, Paris, 2007.

- Essentialisme. Alexandre d’Aphrodise entre logique, physique et cosmologie, Berlin/New York, 2007.

Les articles rédigés

Les Grecs, les Arabes et nous

Irène ROSIER-CATACH | Marwan RASHED | Alain LIBERA de | Philippe BÜTTGEN

6 Novembre 2009

La question du « nous » européen s’est récemment nouée à plusieurs controverses sur la traduction et la transmission des savoirs. Ces débats semblent d’abord érudits, lointains, spécialisés. Il s’agit de savoir quelle part les traductions arabes d’œuvres scientifiques et philosophiques grecques ont prise dans la diffusion de ces œuvres vers l’Occident médiéval. Après un siècle de travaux sur le sujet, certains veulent recalculer cette part, et la diminuer. Les « Latins » n’auraient pas eu besoin de la filière arabe ; les « Arabes » n’auraient jamais su s’approprier le savoir grec. S’enchaînent des considérations générales sur l’essence des religions et « civilisations », un « judéo-christianisme » ouvert et accueillant à l’Autre contre un Islam agressif et fermé. La peur des Arabes et de l’islam est entrée dans la science. L’Occident est chrétien, proclame-t-on, et aussi pur que possible.